DIX QUESTIONS À...UNE AGENTE DES SERVICES CORRECTIONNELS
12 Février 2021

{Dix questions à...une agente des services correctionnels}
Louise Laliberté est instructrice auprès d'agents des services correctionnels au Collège du personnel du Service correctionnel du Canada (SCC). Auparavant, elle a été agente correctionnelle de 1991 à 2014 dans différents pénitenciers provinciaux et fédéraux. Elle a répondu à nos questions sur son métier.

1. MADAME LALIBERTÉ, EN QUOI CONSISTE VOTRE TRAVAIL?

Comme instructrice au Collège du personnel du Service correctionnel du Canada (SCC), j’enseigne différentes formations relatives à la sécurité : modèle d’intervention, sécurité personnelle, maniement d’armes incendies, agents chimiques, scénarios de sécurité active, patrouille motorisée, contention Pinel, etc. Il faut savoir que les employés du SCC ont l’obligation de réviser leurs pratiques chaque année. Comme agente correctionnelle, le travail est différent selon que l’agent soit de niveau I ou II. Au niveau I, les tâches sont relatives à la sécurité : rondes, dénombrement, surveillance (tours, contrôles, patrouilles à pied et motorisées), escortes (au palais de justice, à des rendez-vous médicaux, hospitalisation à long terme, funérailles, transferts d’établissement, etc.). Au niveau II, l’agent est attitré à un secteur et fait de la gestion de cas pour quelques détenus qu’il a sous sa charge; il s’assure que le détenu suit des programmes et chemine pendant son incarcération. Ce sont des interventions plus personnelles.

2. POURQUOI AVEZ-VOUS CHOISI CE SECTEUR D’ACTIVITÉ?

C’est un concours de circonstances, j’ai été recrutée pour un emploi à temps partiel après mes études en techniques policières. J’ai continué en attendant de réussir le test d’aptitude physique pour entrer à Nicolet. Après trois échecs infructueux pour entrer à Nicolet, j’ai décidé de faire carrière au Service Correctionnel du Canada.

3. QUELLES SONT LES FORMATIONS QUI PERMETTENT D’ACCÉDER AU MÉTIER D’AGENT DES SERVICES CORRECTIONNELS?

Outre les Techniques policières, il est possible de suivre les cours Techniques d'intervention en délinquance, Techniques d'intervention en milieu carcéral, Techniques spécialisées en services correctionnels ou Techniques d'intervention en milieu correctionnel. Certaines personnes sont engagées sans formation, mais leurs possibilités d’avancement sont beaucoup plus limitées. Au moment où il est recruté, l’agent doit également suivre quatre semaines de formation en ligne, 13 semaines de formation à Kingston, Ontario et deux semaines de stage dans un pénitencier.

4. Y A-T-IL D’AUTRES PRÉREQUIS?

Il faut avoir un permis de conduire classe 4A (véhicules d’urgence), un certificat RCR-secourisme et passer un examen médical. Par la suite, le ou la candidate doit répondre aux exigences psychologiques établies par le SCC, avoir une bonne cote de fiabilité et faire prendre ses empreintes digitales.

5. QUELS SONT LES EMPLOYEURS POTENTIELS POUR UN DIPLÔMÉ DANS CE DOMAINE?

Les prisons provinciales et les pénitenciers fédéraux, les douanes. Les finissants peuvent aussi travailler comme contrôleurs routiers, constables spéciaux des Palais de justice, intervenants dans les centres pour jeunes délinquants.

6. QUELS SONT LES ASPECTS POSITIFS ET NÉGATIFS DU TRAVAIL?

Parmi les aspects positifs, de bonnes conditions de travail et de retraite, un bon salaire, la chance de faire la différence dans la vie de certaines personnes. En ce qui concerne les aspects négatifs, je mentionnerais l’atmosphère lourde en milieu carcéral, la difficulté de travailler constamment à l’intérieur, dans un environnement où on manque de lumière naturelle et surtout les horaires de travail (de soir, de nuit, obligation de travailler lors de certains jours fériés, etc.) qui usent et qui rendent la conciliation travail-famille difficile.

7. EST-CE DANGEREUX?

Oui et non. Il y a toujours un danger potentiel, mais le quotidien n’est pas comme au cinéma! Des mesures de sécurité sont en place, mais les détenus demeurent imprévisibles. L’agent peut aussi être l’objet de menaces. Au quotidien, à l’intérieur des murs du pénitencier, nous portons un gilet de protection anti-pics et des équipements : une radio émetteur-récepteur, un pulvérisateur d’agents chimiques, des menottes et des gants de fouille. Lors des escortes extérieures, l’agent porte les mêmes équipements sécuritaires en plus de son arme de service et d’une veste pare-balle.

8. QUELLES APTITUDES DEVRAIT-ON POSSÉDER POUR CHOISIR CETTE CARRIÈRE?

Il faut avoir un esprit rationnel, une excellente santé physique et mentale, être droit, autonome. Un agent correctionnel doit être doué pour la relation d’aide et la résolution de problèmes. J’ajouterais qu’il doit être capable de faire preuve de détachement, avoir un sens aigu de la justice, avoir du sang-froid et le respect de la hiérarchie.

9. À QUELLE ÉCHELLE SALARIALE UN(E) AGENT(E) DES SERVICES CORRECTIONNELS PEUT-IL S’ATTENDRE?

La première année, le salaire est de 61 969$ pour un agent correctionnel de niveau I et de 65 655 $ pour un agent de niveau II. Après cinq ans, le salaire d’un agent de niveau I peut atteindre 77 764 $ et celui d’un agent de niveau II, 82 411 $.

10. ET FINALEMENT, QUELLES SONT LES POSSIBILITÉS D’AVANCEMENT?

L’agent de niveau I désireux d’être promu à un niveau supérieur peut, par le biais d’un processus de sélection, accéder à une variété de possibilités d’avancement. Selon son parcours académique et/ou son expérience professionnelle, l’agent pourrait accéder à des positions telles qu’instructeur du personnel, gestionnaire correctionnel, agent de libération, directeur aux opérations, etc.

Pour en savoir plus sur le programme de Techniques d'intervention en délinquance, rendez-vous sur le site de l'InforouteFPT ! Pour en savoir plus sur le métier d'agent des services correctionnels, rendez-vous sur Trouvetonmétier.com !

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