FORMATION ACCÉLÉRÉE DES PRÉPOSÉS AUX BÉNÉFICIAIRES : LE POINT DE VUE D'UNE ENSEIGNANTE
14 Septembre 2020

{Formation accélérée des préposés aux bénéficiaires : Le point de vue d'une enseignante}

Les préposés(es) aux bénéficiaires jouent un rôle essentiel dans le réseau de la santé : ils ont un contact constant avec les patients au quotidien. En juin dernier, le gouvernement du Québec a annoncé l’embauche de 10 000 préposés supplémentaires dans les CHSLD, fortement éprouvés par la pandémie de coronavirus. Pas moins de 70 000 candidatures ont été reçues pour cette nouvelle Attestation d'études professionnelles (AEP). L’ancien DEP de 870 heures a été écourté de 375 heures. Il comporte deux parties : 120 heures de cours théoriques donnés en classe et 255 heures restantes consacrées à l'enseignement à distance, et à des stages pratiques en CHSLD. Solange Moscato, enseignante et responsable du soutien aux élèves en Soutien aux soins d’assistance en établissement de soins de longue durée à l'École des métiers des Faubourgs-de-Montréal, nous témoigne des défis de cette formation accélérée.

MADAME MOSCATO, COMMENT AVEZ-VOUS APPRIS LA MISE SUR PIED DE CE NOUVEL AEP?

Comme tout le monde, à la télévision, ça a été une surprise! J’étais en confinement à la maison et j’ai su que je retournerais vite au travail. Tout de suite, je me suis mise à cogiter sur la faisabilité de cette formation dans un temps si court, et avec ce nombre : 10 000 préposés!

QUELS SONT LES GRANDS DÉFIS DE CETTE FORMATION?

Les élèves ont eu trois semaines de cours en classe, ce qui est peu, et nous donne peu de temps pour connaître leurs profils, et évaluer s’ils sont prêts pour le métier. Habituellement, nous passons de sept à huit mois avec eux. Ensuite, la cohorte comportait des gens de tous les horizons, certains qui avaient déjà beaucoup étudié, d’autres non, cela a demandé une capacité d’adaptation à tout le monde. Enfin, il y avait le défi de la vaccination, qui est un prérequis à la formation, et nous avions de courts délais pour vacciner tous les élèves qui ne l’étaient pas.

LA CRISE DE LA COVID A-T-ELLE CHANGÉ VOTRE FAÇON D’ENSEIGNER?

Assurément. La pandémie nous a amenés à nous adapter aux nouvelles technologies informatiques, à développer la formation en ligne. En présentiel, nous étions déjà habitués aux normes sanitaires, et la plupart de mes collègues ont prêté main-forte dans les CHSLD, nous savions déjà comment nous adapter aux nouvelles consignes.

QUELLES SONT LES APTITUDES QUE L’ÉLÈVE DOIT AVOIR OU DÉVELOPPER EN SOUTIEN AUX SOINS D’ASSISTANCE EN ÉTABLISSEMENT DE SANTÉ?

L’empathie. Le contact avec les patients est la qualité la plus importante. Je dirais aussi : une bonne communication, de la patience, de l’ouverture d’esprit, une bonne capacité physique, car le métier est exigeant et comporte de longues heures debout et enfin une bonne capacité d’adaptation, car il y a parfois de la violence, de l’irritabilité, etc. chez les patients.

QUE RETENEZ-VOUS DE CETTE EXPÉRIENCE?

Ma vision des choses et de la vie a changé. Il ne faut rien tenir pour acquis et savoir s’adapter aux situations.

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