LE MÉTIER DE MACHINISTE EN 10 QUESTIONS
16 Mars 2021

{Le métier de machiniste en 10 questions}

Keven Tremblay, 22 ans, a été médaillé d'argent en usinage CNC aux Olympiades canadiennes en 2018 et représentant du Canada au Mondial des métiers à Kazan (Russie) en 2019. Aujourd'hui, il travaille comme machiniste chez EDM Québec, une entreprise de découpe au fil située à Saint-Aubert, dans la région de Montmagny. Martin Tremblay, le père de Keven, est propriétaire avec son frère de cette entreprise familiale en électroérosion où travaille également Alexandra, la sœur de Keven. Père et fils ont répondu à nos questions concernant les réalités de leur métier.

1. Keven et Martin, en quoi consiste votre travail ?

MARTIN : Je m’occupe de soumissions, des achats. Je programme des machines de découpe pour des pièces d’outillage dédiées à l’industrie.

KEVEN : Je règle et j’opère des machines-outils (tour, fraiseuse, scie motorisée, cisaille hydraulique) pour couper ou graver de l’acier et de l’aluminium.

2. Pourquoi avez-vous choisi ce secteur d’activité ?

MARTIN : J’étais camionneur jusqu’en 2004. J’avais envie d’essayer autre chose. Comme il manquait de machinistes dans ma région, j’y ai vu une opportunité de me lancer en affaires avec mon frère. C’est un domaine où nous sommes constamment amenés à nous dépasser, et cela me plaît. J’ai appris le métier de manière autodidacte, tout en suivant quelques cours au Centre de formation professionnelle de l'Envolée, à Montmagny.

KEVEN : J’ai grandi dans l’atelier de mon père et de mon oncle et j’avais une curiosité pour le métier. Pour moi, c’était naturel de joindre l’entreprise familiale.

3. Quelles sont les formations qui permettent d’accéder au métier de machiniste ?

KEVEN : Il faut obtenir le DEP en techniques d’usinage. On peut aussi se spécialiser avec deux ASP (commandes numériques, moulage), ce que j’ai fait personnellement au Centre de formation professionnelle Centre de formation professionnelle de l'Envolée de Montmagny.

4. Quels sont les défis de la formation ?

KEVEN : Il y a des notions de trigonométries qui représentent certaines difficultés en mathématiques et le module « Usiner des filets au tour» qui exige beaucoup de précision et d’attention.

5. Quels sont les employeurs potentiels pour un (e) diplômé (e) dans ce domaine ?

KEVEN : Les machinistes sont très recherchés. Il est possible de se faire embaucher dans différentes PME en usinage, ou alors de travailler pour de grandes entreprises comme Bombardier.

6. Quels sont les aspects positifs et négatifs du travail de machiniste ?

MARTIN : C’est un métier stimulant, il y a toujours de nouvelles choses à apprendre et à créer. En revanche, être machiniste exige beaucoup de concentration, notamment lorsque nous travaillons sur les pièces très coûteuses, cela crée un certain stress, je dis souvent à la blague que ça ressemble au métier de chirurgien. Comme je suis à mon compte, j’ai le bon et le moins bon de cette situation, je travaille pour moi, mais je ne compte pas mes heures, les journées finissent souvent tard.

KEVEN : C’est un métier dans lequel on a la satisfaction de voir la réalisation de notre travail. Nous avons aussi de bonnes conditions. Parmi les aspects les moins attrayants, je dirais le salaire, somme toute peu élevé, et le fait de travailler dans un environnement bruyant.

7. Est-ce dangereux ?

MARTIN : Oui et non. Je me suis déjà coupé un bout de doigt avec une machine à découpe, il y a un danger, mais lorsqu’on suit bien les protocoles de sécurité, tout se passe bien.

8. Quelles aptitudes devrait-on posséder pour choisir cette carrière ?

MARTIN : Il faut être minutieux, perfectionniste et avoir un esprit logique et analytique. C’est un métier pour qui aime relever des défis!

9. À quelle échelle salariale peut-on s’attendre ?

KEVEN : je dirais entre 18$ et 23$ de l’heure en région, et entre 25$ et 35$ dans les grands centres.

10. Et finalement, travailler en famille, est-ce une bonne idée ?

MARTIN : Cela se passe très bien. Il y a une bonne entente entre les membres de la famille. Keven, je lui donne beaucoup d’autonomie. Le secret, c’est de faire confiance.

KEVEN : Parfois, mon père me parle de façon carrée, mais c’est pour que je m’améliore. Nous avons la chance de passer beaucoup de temps en famille, et j’ai le projet de racheter l’entreprise lorsque mon père prendra sa retraite.

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