MARTIN DEMERS, ENSEIGNER POUR VISER L’OR
05 Mai 2021

{Martin Demers, enseigner pour viser l’or}
Martin Demers est entraîneur aux Olympiades québécoises des métiers et des technologies dans la discipline mécatronique, et enseignant au Cégep de Granby (Montérégie).

Martin Demers est enseignant au Cégep de Granby en technologie de l’électronique industrielle depuis 2003. Sa vocation d’enseignant, il y pensait déjà lorsqu’il a débuté sa technique… au Cégep de Granby !

C’est en discutant avec ses enseignants qu’il a non seulement réalisé qu’il pouvait continuer son parcours à l’université mais qu’en plus, à l’issue de son baccalauréat en génie électrique, il pourrait s’orienter vers l’enseignement.

Un pari réussi. À l’hiver 2003, il obtenait sa première charge de cours au Cégep de Granby. Après quelques années à l’enseignement en formation continue et au régulier, il obtient en 2006 des charges de cours à temps complet au régulier. Il se consacre depuis à former la relève en technologie de l’électronique industrielle.

Un rendez-vous gagnant avec les Olympiades

Son métier d’enseignant lui a même ouvert les portes des Olympiades québécoises de métiers et des technologies. C’est par une rencontre avec un collègue du département et ancien participant aux Olympiades québécoises en électronique industrielle, Alexandre Marcoux, que Martin décide d’en apprendre plus.

En 2010, le Cégep de Granby présente son premier candidat en électronique industrielle lors de la onzième édition des Olympiades québécoises, Gabriel Gagnon, entraîné par Alexandre Marcoux.

Une première participation et une première médaille d’or remportée qui va motiver l’ensemble du personnel du département à s’investir dans l’aventure.

En 2012, l’aventure reprend à l’occasion des douzièmes Olympiades québécoises et un autre candidat, Patrick Manny, s’inscrit en électronique industrielle. Une équipe formée de deux candidats, Julien Bonnier et Joey Lapointe-Itri, se présente également en mécatronique accompagnée de l’enseignant Étienne Gévry comme entraîneur. Tous passent à un cheveu du podium et se hissent au quatrième rang.

Cette deuxième expérience et des retours positifs achèvent de convaincre Martin qui se prépare désormais à encadrer sa première équipe. En 2013, il entraîne sa première équipe en préparation des Olympiades. Et en mai 2014, c’est le premier test : le travail et les heures de préparation payeront-t-elles ?

Un entraîneur à succès

Compétition Élèves Médailles
13e édition des Olympiades québécoises (2014) Olivier Belval et Yoan Martel Bronze
14e édition des Olympiades québécoises (2016) Jérémy Ménard et Francis Moisan Or
22e édition des Olympiades canadiennes (2016) Jérémy Ménard et Francis Moisan Argent
15e édition des Olympiades québécoises (2018) Annie Fiset et Jeremy Elsek-Valois Or
25e édition des Olympiades canadiennes (2019) Raphaël Ménard et Vincent Fortin-Coderre Bronze
Source: Compétences Québec
Jérémy Ménard et Francis Moisan ont remporté l’argent aux Olympiades canadiennes en 2016.
Martin avec ses étudiants Raphaël Ménard et Vincent Fortin-Coderre médaillés de bronze.

Dépassement de soi

Les compétitions entraînent une dynamique positive à l’intérieur de l’établissement mais permettent également de se mesurer face aux autres provinces.

Depuis quelques années, l’enseignant doit organiser, souvent à l’occasion des journées portes ouvertes, des compétitions locales afin de déterminer quelle équipe pourra participer aux Olympiades.

Un avant-goût de la compétition que l’équipe la plus performante retrouve ensuite à l’occasion des Olympiades québécoises en se mesurant aux équipes d’autres régions.

Aux Olympiades canadiennes, les candidats québécois rivalisent avec les autres provinces, en particulier l’Ontario et l’Alberta qui s’avèrent être des adversaires de taille.

Selon l’entraîneur, les compétitions permettent aux élèves les plus motivés de se démarquer ; c’est un incitatif positif afin qu’ils se dépassent en gardant un équilibre entre compétitions et apprentissage pédagogique.

Les conditions des compétitions, le matériel, parfois les imprévus techniques, mais également les émotions, sont autant de facteurs à maîtriser et participent grandement à faire grandir les compétiteurs sur les plans technique et humain.

Du DEC aux Olympiades : préparer l’entrée sur le marché du travail

L’épreuve en mécatronique se réalise sur deux jours et en équipe de deux. Une personne est attitrée à la programmation et la seconde à l’installation et au démontage de la station.

C’est une mise en situation en temps réel d’un mandat que l’équipe doit accomplir explique Martin Demers. Les consignes doivent être respectées dans le temps imparti au même titre que si elles venaient d’un client.

Finalement, c’est un exercice réplique d’une situation que l’on pourrait retrouver dans l’industrie et donc une excellente préparation pour les élèves au marché du travail.

L’équipe de Raphaël et Vincent en action à la dernière finale canadienne à Halifax en 2019.

L’épreuve de mécatronique

L’idée directrice est que l’équipe puisse démonter puis réinstaller une station selon les normes imposées et assurer la programmation de la station.

Dans un temps donné, il faut donc pouvoir démonter la station, les capteurs, les gardes, les convoyeurs, les branchements électriques, puis remonter le tout selon les spécifications imposées.

Côté programmation, l’équipe doit programmer la station afin d’assurer un triage selon la matière et les couleurs de différents objets. L’entraîneur explique que les bouchons sont de couleurs et de profondeurs différentes. Il faut donc programmer les capteurs adéquatement afin de respecter l’ordre de tri.

L’idéal lors de la compétition c’est que les deux élèves soient polyvalents afin que le programmeur aide au montage/démontage. C’est un test grandeur nature afin de pouvoir concrétiser en troisième année les connaissances acquises.

« Finalement, c’est un exercice réplique d’une situation que l’on pourrait retrouver dans l’industrie et donc une excellente préparation pour les élèves au marché du travail. »
- Martin Demers, enseignant au Cégep de Granby et entraîneur aux Olympiades

Entraîner et enseigner : une même passion ?

Martin Demers le souligne : le métier de professeur est proche de celui d’entraîneur, soit le même désir de voir évoluer ses élèves, de les voir progresser, prendre confiance et exécuter leurs tâches de plus en plus rapidement.

Les Olympiades permettent de valider les compétences acquises au même titre que le diplôme vient sanctionner l’apprentissage de l’étudiant.

Les Olympiades poussent d’ailleurs plus loin l’apprentissage en classe. Les étudiants qui participent sont souvent des bons étudiants avec de bons résultats, et les compétitions offrent un angle différent dans leur apprentissage par l’introduction d’autres variables comme la gestion du stress d’une compétition.

L’équipe d’Annie Fiset et Jeremy Elsek-Valois aux Olympiades québécoises en 2018.

Apprendre différemment

Les compétitions sortent ainsi les étudiants de leur zone de confort scolaire mais également humaine. Cette dimension des Olympiades ne doit pas être oubliée car ce sont aussi des rencontres et une collaboration qui permettent de réussir son épreuve. Les Olympiades permettent de développer un état d’esprit constructif.

Sur le principe de la classe inversée, les élèves doivent s’entraîner puis discuter de la pratique avec leur entraîneur qui joue un rôle de facilitateur. L’élève doit dépasser le maître, cela résume bien l’idée de transmission du savoir, puis de dépassement, affirme l’enseignant.

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