VALÉRIE, DE COMÉDIENNE À PRÉPOSÉE AUX BÉNÉFICIAIRES   
23 Juin 2021

{Valérie, de comédienne à préposée aux bénéficiaires   }

Valérie Blain, Montréalaise de 46 ans, était propriétaire d’un gym tout en travaillant comme comédienne avant le début de la pandémie. Vous la connaissez peut-être pour ses capsules Facebook Le boutte de la marde, suivies par les milliers d’internautes. Comme bien des gens, au moment du premier confinement, Valérie croyait que la vie allait rapidement reprendre son cours normal.

Lorsque le gouvernement du Québec a lancé une vaste campagne de recrutement de préposés aux bénéficiaires, Valérie s’est sentie appelée : « J’avais un fort désir de faire ma part pour aider dans les CHSLD. Je savais que j’avais les aptitudes pour m’investir comme aidante naturelle, » confie-t-elle. Sans hésiter, Valérie entreprend immédiatement les démarches pour suivre la formation accélérée subventionnée offerte par le gouvernement. Démarches administratives, entrevues, rencontres préparatoires. Une période stressante. Elle est admise pour la formation de trois mois qu’elle débute à l’École des métiers des Faubourgs-de-Montréal en juillet 2020.

Son métier avant la pandémie

Comme comédienne, j’avais participé à de tournées de théâtre, mais depuis une dizaine d’années, je me consacrais à mes capsules et à mon gym. J’aime jouer et j’ai un profond désir de m’exprimer, mais ce n’est pas un milieu facile que celui des arts.

« Juste avant la pandémie, j’ai entrepris un cheminement avec un conseiller en orientation. Il est en ressorti que j’étais douée pour la relation d’aide, c’est un domaine où je songeais déjà à me réorienter. L’appel du gouvernement m’a encouragée à aller de l’avant. »

Son retour à l'école

Avant de débuter la formation de Soutien aux soins d’assistance en établissement de santé, j’avais certaines appréhensions : est-ce que je vais être capable de tenir le rythme accéléré exigé? De répondre aux standards? De réussir? J’ai été agréablement surprise de constater qu’il y avait des gens de tous les âges dans le groupe -j’étais une des plus jeunes! - et aussi de constater qu’il y avait un bon ratio d’hommes et de femmes, que les gens étaient là pour les bonnes raisons et que nous partagions une intelligence émotionnelle.

Bref, les écoles ont fait une bonne sélection parmi les candidats.

Nous avons eu trois semaines de cours théoriques en classe avant de passer directement au stage sous la supervision d’un autre préposé qui agit comme mentor. Il y a une énorme différence entre la théorique et la pratique causée par le manque de temps dans le travail réel.

Évidemment, les préposés qui nous ont appris le métier ne sont pas des pédagogues; certains nous ont vus arriver avec méfiance, croyant, à tort, que nous serions mieux payés qu’eux. Je dois dire cela n’a pas été facile de passer à travers ce processus.

Personnellement, malgré ces désagréments, j’ai su tout de suite que j’avais ce qu’il fallait pour relever les défis du métier, que j’avais ce besoin d’aider et que j’étais bonne pour prendre soin des autres.

Son futur métier

Travailler dans un CHSLD, c’est dur. Nous sommes confrontés à la souffrance, à la maladie, à la mort, mas je suis capable de le tolérer. La relation avec les résidents m’apporte beaucoup de bonheur. C’est un métier gratifiant.

Comme préposé, nous avons de bonnes conditions de travail et nous bénéficions de la sécurité d’emploi, mais le travail doit être impeccable. Il faut être en mesure de s’adapter à différentes situations, rapidement. Cela exige de la débrouillardise, de l’écoute, un bon sens de l’organisation et la capacité de simplifier les choses pour aller à l’essentiel.

C’est aussi un travail exigeant physiquement, il ne faut pas se le cacher. Sur les étages, il y a des clientèles avec de gros problèmes cognitifs, il faut être en mesure de les laver, de les changer, de prendre soin d’eux. Il est important d’avoir une bonne condition physique, car nous sommes constamment en mouvement, nous avons à mobiliser nos patients.

Grâce à cette opportunité de réorientation, et aussi avec différents accompagnements de gens de ma famille, j’ai découvert que j’étais à l’aise avec la période qui approche la mort et que c’est un domaine que je souhaite explorer. La formation en accéléré m’a confirmé que j’étais en mesure d’étudier et de réussir, alors que je veux pousser plus loin et de devenir accompagnante en fin de vie. Bientôt, j’entreprendrais cette formation, tout en continuant de travailler comme préposée aux bénéficiaires.

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